LA GRANDE FAMILLE
DE PROCIDA & ISCHIA

 

Ils sont cousins !
A
nnie-Claire SCHERLE-PAPADOPOULO & René BARONE

Annie-Claire et René sont tous les deux des descendants de la famille « Albano di Spaccone » de Procida... famille illustre puisque l'un des leurs, Cesare Albano di Spaccone, après avoir combattu pour la République Napolitaine, a été exécuté à Procida en 1799. Son nom figure aujourd'hui sur le monument commémoratif à la Piazza dei Martiri, à Procida.

Ils nous racontent leurs histoires…
 

Annie-Claire SCHERLE-PAPADOPOULO

L'arbre
Albano di Spaccone

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Cet article est paru
en juillet 2004 sur le Web
 et en octobre 2004 dans ProcidaOggi

  • Annie-Claire nous raconte son histoire de déracinée...

Toute mon enfance a été nourrie par les histoires, que me racontait ma mère, des légendes à faire délicieusement frémir les petits enfants dans leur lit et que lui avait racontées autrefois sa grand-mère italienne. Le souvenir de cette arrière grand-mère était la trace infime de l' histoire familiale dont je n’ai pu vraiment connaître la réalité que ces dernières années à travers mes recherches. Tout ce que j’avais pu obtenir de ma famille était un nom "Albano di Spaccone", un nom qui résonnait bizarrement et me faisait fantasmer sur une possible origine noble… de la région de Naples m’avait-on dit aussi…

C'est la préretraite qui m’a propulsée directement dans des recherches généalogiques déjà amorcées depuis quelques années mais toujours remises à plus tard. Persuadée qu’il me serait très difficile de remonter la branche italienne, j’ai commencé par l’autre branche, paternelle, alsacienne cent pour cent, passionnante et qui m’a fait remonter de leur arrivée aventureuse en Algérie en 1854 à la Suisse alémanique d’où était partie la famille en 1640, et puis suivre la trace jusqu’en 1580 à Lucerne.

Et puis, de nouveau cette obligation ardente de retrouver le fil de l’histoire italienne. Google a fonctionné très fort : les archives d'Outre Mer, les archives de Nantes, tous les sites et associations "pieds noirs", puisque l’Algérie était mon pays, tous ont été mis à contribution et petit à petit, la pelote s’est déroulée…

Mon arrière-grand-mère, italienne, Rose Philomène Albano di Spaccone, épouse d’un certain Gennaro Felletta, lui aussi napolitain importé en Algérie, mais surtout fille d’un certain Antonio et d’une Filomena Lubrano… et je cherche à nouveau… nés à Procida… C’est quoi ça, Procida ??? Et miracle, un site émerge, sur Procida, justement… Ça alors, on y trouve des registres de mariages, de baptêmes, numérisés, impeccablement classés, le rêve de tout généalogiste, incroyable quand on connaît la difficulté des recherches en Italie ! Et Procida, c’est dans la Baie de Naples, une petite île, qui a l’air très belle… Et une association "La Grande Famille de Procida" qui m’aide à remonter les pistes, petit à petit, au fil des dépouillements. Et je retrouve Antonio, mon arrière-grand-père, un marin aventureux lui aussi, comme beaucoup de ses compatriotes, débarqué dans les années 1860 à Philippeville, une des villes de prédilection des émigrés procidiens en Algérie et puis ses parents et puis tous ses ancêtres nés et morts à Procida… Jusqu’à Giulio Cesare, marié en 1662, premier de la liste, pour l’instant. Mais la piste continue bien au-delà ! Et voilà déjà un bon quart de moi même ainsi reconstitué. Et au passage, la découverte d’un cousinage, inattendu, au début du 18ème siècle, avec un autre fan de Procida ! Ma moitié alsacienne et mon quart italien enfin rassurés, avec des racines bien implantées, profondément dans les terres alémaniques et procidiennes qui dament le pion à mon quart pur gaulois issu d’un aventurier grenoblois, débarqué lui aussi avec femme et enfants en Algérie en 1854…

Pour une déracinée totale, n’ayant eu aucune tombe à fleurir, aucune terre d’origine à réclamer, c’est pas mal, vraiment pas mal… et cela fait un bien fou !
 

René BARONE

  • René nous explique comment il a retrouvé ses racines...

Dans notre famille, nous avons toujours été fascinés par l'histoire que nous racontait notre père concernant nos origines. Nos grands-parents, que nous n'avons jamais connus (ils sont décédés en 1927 et 1936), avaient quitté Procida, avec d'autres membres de leurs familles, pour les Amériques. Au cour du voyage notre grand-mère, Maria Carmela Scotto di Carlo, est tombée malade. Était-elle enceinte de notre père ? Ils ont donc débarqué à Marseille où ils ont ensuite trouvé du travail et se sont installés.

Le reste de la famille s'est installé à Brooklyn, New York et ils ont continué à écrire à nos grands-parents. Malheureusement lors du bombardement de Marseille, en 1944, les lettres que gardait mon père ont été détruites, coupant tous liens possibles avec nos cousins.

Originaires de Procida, nous aurions aimé mieux connaître nos racines et notre histoire, mais pour cela il aurait fallu aller sur cette petite île, consulter des archives alors que nous ne parlons pas italien, aussi cela restait un vague souhait. J'avais déjà tenté de faire quelques recherches, mais sans grand succès... Certes j'avais vu qu'il y avait là-bas des Barone et des Scotto di Carlo. Mais il devait y en avoir beaucoup ! Je n'avais pas insisté.

Le temps a passé puis mon père est décédé en mars de cette année. Le soir de son enterrement j'ai interrogé Internet avec ces mots clés : "Barone Procida" et là, miracle ! Je découvre un site : "La Grande Famille de Procida". Une courte recherche sur Raffaele Barone et Maria Carmela Scotto di Carlo me renvoie à l'acte de mariage de mes grands-parents que je n'ai jamais connus et dont je n'ai que deux photos. Et nouvelle coïncidence, le lendemain se tenaient à Marseille des journées de généalogie où était présent Pascal Scotto di Vettimo, le président de l'association "La Grande Famille de Procida". Nous avons adhéré à l'association et en quelques semaines nous avons pu retrouver une grande partie de nos ancêtres, et par la même occasion trouver une lointaine cousine !


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